Cancer du col de l'utérus

En quelques chiffrres

Le cancer du col de l'utérus est la 11ème cause de cancer chez la femme en France, avec environ 3 000 nouveaux cas diagnostiqués par an en 2008. Le pic d’incidence est à 40 ans. Le cancer du col est responsable de près de 1000 décès annuels. Le pic de mortalité est vers 50 ans.
La majorité des cancers du col sont des carcinomes parmi lesquels on distingue :

  • 80 à 90 % de carcinomes épidermoïdes développés à partir de l’exocol.
  • 10 à 20 % d’adénocarcinomes développés à partir des cellules de l’endocol.

Qu'est ce que c'est

Le cancer du col est une affection d’origine infectieuse liée à certains papilloma virus (HPV) oncogènes comme les HPV 16 et 18 retrouvés dans près de 70% des cas. Cette infection est sexuellement transmissible favorisée par la précocité des rapports sexuels et par la multiplicité des partenaires. Certains facteurs de risque comme le tabagisme ou l’immunodéficience favorisent la persistance de cette infection. On peut considérer que 80% des femmes en âge d’avoir des rapports sexuels sont en contact avec ce virus et le pic de contamination se situe entre 20 et 25 ans. 90% des infections par HPV se guérissent seules. Le cancer du col a dans la majorité des cas une évolution lente et met entre 10 et 15 ans à se développer.

L’infection persistante à HPV se traduit au départ par des lésions précancéreuses. Ces lésions vont du simple condylome à la dysplasie sévère (CIN 3) en passant par la dysplasie légère et moyenne (CIN1 et 2). On peut considérer que les condylomes et dysplasies légères ont un taux de guérison spontanée de 90%.

Evolution

Du fait de son évolution lente et de l’existence de lésions précancéreuses curables, le cancer du col peut être dépisté à un stade précoce et être prévenu en traitant les lésions précancéreuses. C’est pourquoi un dépistage a été mis en place. Il consiste en la réalisation d’un frottis cervico -tous les trois ans entre 25 et 65 ans. Lorsqu’un frottis se révèle anormal des investigations complémentaires (telles que recherche de papilloma virus oncogène, colposcopie avec biopsie, curetage endocol…) sont réalisées.
Le dépistage des lésions précancéreuses a permis une diminution de moitié de l’incidence du cancer du col depuis 20 ans. Un dépistage régulier de la population devrait permettre de réduire l’incidence de plus de 90%. En matière de prévention, deux vaccins existent afin de prévenir une infection par les HPV 16 et 18 qui sont les virus les plus souvent retrouvés. Mais compte tenu qu’il existe plus d’une vingtaine d’HPV oncogènes, cette vaccination ne dispense pas du dépistage.

Publication: 
Contenu modifié le 31/07/14